L'onglet Postflop
Comment trouver des leaks postflop en analysant votre jeu et celui de vos adversaires.

Gandalf
Co-fondateur de Poker Sciences

Contrairement au préflop, où l'on peut facilement comparer son jeu à une référence théorique (les ranges Poker Sciences ou vos ranges personnalisées par exemple), c'est toujours un peu plus compliqué pour le postflop qui, il faut bien le dire, du fait de son immense complexité combinatoire, ne se résume jamais à une seule réponse universelle.
La référence la plus pertinente devient alors le pool des joueurs réguliers de votre limite. Vous jouez souvent à peu près comme eux (mêmes ranges préflop, mêmes adaptations), ce qui rend la comparaison directement exploitable.
Une bonne source de vérité, sans être une vérité à 100 %. Mais si dans un spot vous jouez fondamentalement différemment des réguliers de votre limite, il y a sûrement quelque chose à creuser.
Concrètement, l'onglet Postflop met cette comparaison à votre disposition sur un arbre de décision dynamique. Vous partez d'un matchup (les deux sièges encore en jeu au flop, par exemple BTN vs BB) et vous ouvrez l'arbre au clic, action après action : chaque carte porte une action, et cliquer dessus fait apparaître la réponse de l'adversaire juste en dessous.
L'arbre se lit comme une vraie confrontation. Vous choisissez la position analysée dans le matchup (BTN ou BB, par exemple) : les cartes de ce siège mesurent votre jeu (Hero ), celles du siège d'en face mesurent vos adversaires face à vous. Le logo de chaque carte dit qui parle.

Pour comparer, il suffit de choisir qui vous analysez et contre qui, sur la première ligne de la sidebar : à gauche le ou les profils analysés (Hero , auquel vous pouvez ajouter les regs du pool , les fish ou n'importe quel tag), à droite le profil adverse (vs Tous, vs Fish, vs Reg, ou un joueur précis).

Une fois un profil ajouté, chaque carte de votre siège affiche une barre de fréquence par profil, les unes sous les autres :

Vous pouvez alors lire et comparer comment chacun joue, action par action.
Cette mise en parallèle ouvre deux usages principaux :
- Trouver vos propres leaks, en vous comparant aux regs.
- Analyser le jeu de vos adversaires (regs et fish), pour construire des stratégies exploitantes.
Notez que ce chapitre est assez technique et s'adresse aux joueurs de niveau intermédiaire à avancé. Donc rassurez-vous si tout n'est pas forcément clair du premier coup.

1. Pourquoi se comparer aux regs
Préflop, la situation est fermée. Positions et stacks sont fixés, les ranges adverses sont connues (soit le joueur n'a pas encore agi et a 100 % de ses combos possibles, soit il a ouvert et sa range est plus ou moins identifiable).
Avec ces inputs clairs, un solveur produit une réponse bien définie : c'est précisément ce que fournissent les ranges Poker Sciences ou vos ranges personnalisées, une référence claire à laquelle comparer vos décisions.
Postflop, le nombre de variables explose. Une référence théorique existe pour une construction préflop donnée, mais elle n'est valable que si vous avez joué préflop exactement comme elle l'a supposé.
Dès que vous déviez pour de bonnes raisons (exploit du pool, simplification, ajustement à un type d'adversaires), votre range postflop ne ressemble plus à celle qui a servi à calculer la référence.
Exemple concret
Vous décidez de limper plus souvent que la GTO ne le ferait préflop vs Fish , parce qu'ils n'isolent pas assez.
Votre range de limp devient plus large, et au flop vous arrivez avec davantage de trash que la référence.
Comparer votre fréquence de c-bet flop à la référence GTO devient alors trompeur : cette référence a été calculée avec une range préflop plus tight que la vôtre, donc la « bonne » fréquence de c-bet n'est plus la même.
Pour qu'une comparaison postflop soit vraiment propre, il faudrait une référence qui s'adapte à votre construction préflop spécifique.
Ce n'est pas ce que nous proposons aujourd'hui, mais c'est ce qu'apportera le Pack Postflop courant 2026.
En attendant, le pool des regs de votre limite est la meilleure boussole disponible. Vous partagez les mêmes ranges préflop, les mêmes adversaires, les mêmes contraintes de stack.
Et si vous limpez plus souvent que la GTO vs Fish , les regs de votre limite le font probablement aussi : vos déviations sont à peu près les mêmes que les leurs, ce qui rend la comparaison Hero / Reg pertinente.
Référence pratique, pas vérité absolue. Les regs commettent eux aussi des erreurs, et certains spots sous-joués par tout un pool peuvent rester exploitables.
L'écart aux regs est donc un signal à creuser, pas un verdict. Mais en pratique, ces différences observées se révèlent souvent étonnamment fiables et pointent généralement les vraies zones de travail.
2. Les deux usages de l'onglet Postflop
Chaque carte de votre siège peut afficher jusqu'à trois profils les uns sous les autres (par exemple Hero / Fish / Reg ), avec une barre de fréquence chacun. Même structure, mêmes métriques : vous comparez votre jeu à deux groupes de référence, les fish et les regs.

Usage 1 : trouver vos leaks
Comme expliqué précédemment, pour trouver vos leaks potentiels, vous allez pouvoir comparer vos fréquences (le % à côté de chaque action) et vos sizings (la couleur sur la barre horizontale, qui décompose chaque action selon la taille de mise) avec ceux des regs.
Une divergence nette est un signal : peut-être que vous c-bettez trop, trop peu, ou que vous choisissez des sizings différents des leurs.
C'est la lecture la plus directe, et celle qui produit la majorité des plans d'amélioration.
Sur l'exemple ci-dessus (le c-bet au BTN), Hero (81 %) est à deux points des regs (83 %) : pas d'écart notable, rien à signaler de son côté. Ce sont les fish qui c-bettent moins (72 %) : pas un leak de Hero, mais une lecture exploitable. Dès qu'une divergence nette apparaît chez vous (vous c-bettez beaucoup moins, ou nettement plus gros), c'est le signal à creuser.
Petit coup de pouce : chaque profil comparé voit son pourcentage se colorer par rapport aux regs au même endroit de l'arbre (vert aligné, rouge plus agressif, bleu plus passif). Seule la ligne Reg reste blanche : c'est la référence.
Usage 2 : analyser le jeu adverse
Au-delà de votre propre jeu, vous pouvez explorer en détail le jeu des fish et des regs.
La lecture se fait à deux niveaux : d'abord les fréquences que nous venons de voir (à quelle fréquence chaque population prend chaque action, avec quels sizings), puis la composition des ranges, que nous allons voir juste ci-dessous.
En cliquant sur une action (c-bet, check, donk bet, etc.) ou sur un sizing à l'intérieur d'une action (Small, Medium, Large, Overbet pour un c-bet par exemple), le panneau Force des mains apparaît en bas à gauche de l'arbre (replié sur sa ligne de titre, dépliez-le d'un clic sur le chevron) : il décompose la range correspondante par catégorie de force de main, pour tous les profils affichés à la fois.
Vous pouvez ainsi répondre à des questions précises :
Avec quels combos les fish donk bet ?
Avec quoi callent-ils river vs 3-barrel ?
À quoi ressemble leur range de check-raise ?

C'est là que se construisent les stratégies exploitantes. Par exemple, si les fish donk bet majoritairement TP, votre call devient moins rentable avec A high.
Autre exemple : si leurs check-raise sont composés à 0 % de bluff, vous pouvez fold large jusqu'à preuve du contraire.
L'onglet Postflop ne décide pas pour vous, mais il vous donne la matière première pour décider.
Pour les deux usages, observer et formuler des hypothèses est facile : vous voyez un écart, vous identifiez un pattern, vous vous faites une intuition.
Passer de l'observation à l'action concrète (corriger un leak en profondeur ou construire une stratégie exploitante propre) demande davantage de travail.
Si vous n'avez pas encore de bases solides postflop qui vous permettent d'interpréter clairement ces écarts, utilisez surtout cet onglet comme un outil d'observation pour repérer les grandes tendances et commencer à développer vos repères postflop.

3. Ce qui est mesuré et comment y accéder
La section précédente a introduit la comparaison Hero / Fish / Reg . On peut maintenant regarder comment naviguer dans l'onglet Postflop et comprendre le rôle de chaque zone.
Nous allons également revenir sur plusieurs points brièvement évoqués plus haut, afin de les explorer plus en détail.
A. Choisir un matchup, puis ouvrir l'arbre
Dans la sidebar, vous choisissez d'abord un matchup : la paire de sièges encore en jeu au flop. Cinq sont proposés : 3-max BTN vs BB, 3-max BTN vs SB, 3-max SB vs BB, 3-max multiway (les trois joueurs voient le flop) et HU .
Juste en dessous, le type de pot préflop : Raise, Limp, ISO ou 3-bet. Chaque bouton affiche son volume de mains, vous voyez tout de suite où il y a de la matière.
Position analysée
Vous choisissez ensuite le siège du profil étudié dans le matchup (BTN ou BB, par exemple ; SB ou BB en HU). En changer inverse les deux camps de l'arbre sans toucher aux nœuds ouverts : les cartes de ce siège portent les profils analysés, celles d'en face le profil adverse.
Le titre de l'arbre dit qui est assis où, chaque camp avec son siège : BTN vs BB (Hero BB vs Tous BTN), ou HU (Hero SB vs Fish BB).
Quand le type de pot ne suffit pas à dire qui a relancé (un pot 3-bet entre SB et BB, par exemple), une carte Relanceur préflop apparaît pour le préciser. Et sous le badge du pot, en haut de l'arbre, une puce Sizing permet d'épingler la taille de la relance préflop (open, iso ou 3-bet) : cliquez dessus pour la régler, ou laissez-la sur « tous ».
Enfin, la carte Stack, en bas de la sidebar, restreint l'arbre à une ou plusieurs tranches de tapis effectif.

Ouvrir l'arbre
Au départ, l'arbre ne montre que les actions du premier joueur à parler au flop, une carte par action. Cliquez sur une action pour ouvrir la suite : la réponse de l'adversaire apparaît en dessous, elle aussi une carte par action. Une mise ouvre ainsi deux cartes réunies par le fil de l'action adverse : d'un côté Fold / Raise (ce qu'on fait quand on ne paie pas), de l'autre Call ; un check ouvre la décision suivante ; un fold ne mène nulle part.
Chaque fil porte l'action qui y mène (« BB c-bet », « BTN call »...) avec le logo de celui qui la joue, et une pastille Flop / Turn / River signale chaque nouvelle carte qui tombe. Les actions que vous avez ouvertes se surlignent en doré : la ligne se lit d'un coup d'œil, du flop jusqu'à la carte où vous êtes. Recliquer une action referme tout ce qui en découle.
Les nœuds ouverts sont mémorisés par contexte : changez de matchup ou de type de pot, revenez plus tard, votre arbre est toujours là tel que vous l'avez laissé.
Cliquer sur un sizing
Sur une mise (ou une relance), vous pouvez cliquer directement sur une couleur de la barre plutôt que sur l'action entière : la suite ne s'ouvre alors que pour cette taille-là (« BB c-bet 35-70 % »). Cliquez sur une deuxième couleur pour cumuler les deux tailles dans le même nœud, recliquez-en une pour la retirer.
Sur une carte de défense (Fold, Call), les couleurs de la barre sont les tailles subies : cliquer dessus sélectionne cette taille (la liste des mains et la force de main suivent), sans refermer ce qui est déjà ouvert.
L'arbre se modifie à la main, directement sur le canevas :
- Un glisser sur une carte la déplace ; un glisser dans le vide déplace tout l'arbre ; la molette zoome sur le curseur. Il n'y a aucun contrôle de zoom : ouvrir une carte ne fait pas bouger la vue (c'est vous qui descendez voir ses enfants), et sélectionner une carte hors du cadre la ramène sous vos yeux.
- Le petit bouton sous une carte (−) replie sa branche ; il devient +N (le nombre de situations masquées) pour la déplier.
La sidebar n'a donc qu'un seul bouton permanent lié à l'arbre, Sizings par défaut, qui règle les paliers de sizing utilisés partout (on y revient plus bas). Deux autres n'apparaissent que lorsqu'ils ont une raison d'être : Réinitialiser la disposition dès que vous avez déplacé une carte, et Tout déplier dès qu'une branche est repliée.
B. Les quatre métriques des barres
Sous les cartes du contexte, quatre boutons choisissent ce que les barres affichent : Fréquence, Jetons, bb/main et Sizing. La largeur de la barre reste toujours la fréquence de l'action, découpée par sizing ; c'est le chiffre à sa droite qui change de sens.
Fréquence
La vue par défaut : à quelle fréquence l'action est prise, avec le nombre de mains entre parenthèses. La barre est découpée en couleurs, une par palier de sizing. La teinte dit l'action, la nuance dit la taille : plus le sizing est gros, plus la couleur est foncée.

Au survol d'une couleur, vous lisez le détail du palier : sa part dans l'action, son nombre de mains et la taille moyenne réellement misée dedans.
Lorsqu'il est indiqué « vs », il s'agit du sizing du vilain (une taille subie, sur un Fold ou un Call). Sinon, il s'agit de votre sizing.
Chaque profil comparé (Hero, Fish, un joueur...) voit son pourcentage se colorer par rapport aux regs au même nœud, à condition qu'ils y aient assez de mains : vert à ±5 points des regs, rouge plus agressif, bleu plus passif. Pour un fold ou un check, en faire plus que les regs compte comme plus passif. Seule la ligne Reg reste blanche : elle est la référence.
Jetons et bb/main
Ce que vous gagnez en moyenne par main quand vous prenez cette action, en jetons ou en grosses blindes par main. Attention, c'est le résultat de la main entière, EV all-in comprise, pas seulement de cette street.
Le ± qui suit est la marge d'erreur, un intervalle de confiance à 90 %. Tant que le chiffre reste gris, ni vert ni rouge, vous n'avez pas assez de mains pour en tirer quoi que ce soit. Au-dessus de chaque carte, un chiffre résume aussi le spot entier, toutes actions confondues.
Sélectionner une taille, ou une force de main dans le panneau Force des mains, restreint le chiffre à ces mains-là. Gardez en tête qu'une force ne se lit que sur les mains dont les cartes sont connues : toutes les vôtres, mais seulement les abattages d'un adversaire. Le chiffre d'un adversaire conditionné à une force n'est donc pas comparable au vôtre.
C'est ce que vous avez gagné, pas ce que l'action vaut. Si vous misez vos grosses mains et checkez le reste, votre check ressortira perdant même en jouant parfaitement.
Comparez plutôt vos chiffres à ceux du Reg ou du Fish sur le même spot, sans oublier qu'ils dépendent aussi de votre jeu préflop et des streets d'avant.
Sizing
Cette vue ne mesure aucun gain : elle affiche la taille moyenne que la barre découpe, c'est-à-dire ce que vous misez sur un spot d'agression (« 58 % pot »), ou ce qu'on vous met en face sur un spot de défense (« 2,8x »). Ni ± ni couleur : une taille n'est ni bonne ni mauvaise en soi, elle se juge par rapport à une stratégie.
C. Les trois niveaux d'information
Pour chaque carte sélectionnée, l'onglet donne accès à trois niveaux d'information qui se complètent, pour chaque profil affiché.
1. Les barres, directement sur l'arbre : fréquences, sizings et gains, comme on vient de le voir.
Sur une carte de défense sélectionnée (Fold, Call ou Raise), un récapitulatif par taille subie s'affiche en plus sous la carte : une ligne par taille de mise adverse, avec votre taux de réponse face à elle et le nombre de fois où vous l'avez affrontée. Sur un Fold ou un Call, cliquer une ligne revient à cliquer la couleur correspondante de la barre.

C'est la lecture qui expose une fuite de défense : la barre dit comment vos folds se répartissent entre les tailles, le récapitulatif dit face à un gros sizing, à quelle fréquence vous foldez.
2. La composition de la range : avec quelle force de main Hero, les fish ou les regs prennent l'action sélectionnée.
Le panneau Force des mains apparaît en bas à gauche de l'arbre dès qu'une carte est sélectionnée, replié sur sa seule ligne de titre (avec la taille filtrée, le cas échéant). Un clic sur le chevron le déplie : une ligne Total (la composition en une seule barre, des mains les plus faibles à gauche aux plus fortes à droite), puis une lecture Par taille de mise, et enfin le détail rangé en quatre familles (Hauteurs / air, Draws, Paires faibles et Top pair+), chacune subdivisée (trash, gutshot, paire moyenne, TPGK, two pairs+...). Il reste ouvert jusqu'à ce que vous le repliiez.

Tout y est cliquable : une force filtre la liste des mains sur ces mains-là, une taille dans Par taille la filtre sur cette taille, et un segment de barre fait les deux d'un coup.
Pour Hero, toutes vos mains sont connues. Pour Fish et Reg, en revanche, seules les mains révélées au showdown peuvent être analysées.
Les catégories de force adverses sont donc partiellement biaisées : elles ne représentent pas une range exacte, mais les mains que l'adversaire a montrées après avoir suivi cette ligne.
La bonne lecture consiste donc surtout à utiliser ces données comme indices comparatifs, notamment entre Fish et Reg, et à rester prudent quand vous comparez directement Hero aux adversaires.
3. La liste des mains, affichée sous l'arbre : elle liste les mains concrètes correspondant à l'action (et au sizing éventuel) que vous avez sélectionnés, avec date, cartes, board, ligne d'action et EV. Pour y descendre, faites défiler la page, ou cliquez sur la flèche du badge Sélection en bas à droite de l'arbre.
Un clic sur une main l'ouvre dans le Replayer.

Vous pouvez filtrer progressivement la situation : un clic sur une action, puis sur un sizing, puis sur une catégorie de force de main. À chaque clic, la sélection se restreint, et la liste des mains en dessous met à jour les mains correspondantes.
Concrètement, en cliquant sur c-bet puis sur le sizing Large puis sur trash pour le profil Hero, vous voyez exactement les fois où vous avez c-bet vos trashs avec un sizing Large.
D. Les profils comparés et le filtre vs
Par défaut, l'arbre n'affiche que Hero. Le sélecteur de gauche, sur la première ligne de la sidebar, permet d'ajouter jusqu'à trois profils au total, parmi Hero, vos tags (Fish , Reg ou n'importe quel tag personnalisé) et même un joueur précis.
Ces profils se lisent sur les cartes de votre siège : c'est là que la comparaison a un sens (« Hero contre Reg au même nœud »).
Le filtre vs, à droite, dit contre qui : vs Tous, vs Fish, vs Reg, vs un tag ou vs un joueur. Il joue deux rôles à la fois : sur vos cartes, il restreint vos mains (et celles des profils comparés) aux spots joués contre ce profil ; sur les cartes d'en face, il devient le profil mesuré, face à vous.

Une carte adverse ne porte donc qu'une seule barre : en face, il n'y a qu'un adversaire, celui du filtre. Comparer plusieurs profils est une question sur votre siège.
Avec vs Tous, le siège d'en face mesure tous vos adversaires confondus. Et si vous voulez lire les regs face aux fish, il suffit de mettre Reg en profil analysé et vs Fish en face : vos cartes montrent alors ce que font les regs face aux fish, et les cartes d'en face ce que font les fish face aux regs.
E. Aller plus loin : sizings par défaut et boards
Deux réglages complètent l'onglet :
- Sizings par défaut (dans les contrôles d'arbre) : les paliers de sizing qui découpent toutes les barres, pour les mises (en % du pot) comme pour les relances (en multiple de la mise), avec leurs couleurs. Par défaut, Small / Medium / Large / Overbet à 35, 70 et 105 % du pot, et 2x / 3x / 5x pour les relances ; un bouton revient aux seuils Poker Sciences si vous vous perdez.
- Le filtre Boards (dans le panneau Filtres, en haut de la page) restreint toute l'analyse à des textures de board : des presets de flops et de turns que vous créez et modifiez librement (boards pairés, monotones, hauteur du flop...).

4. La vue Résumé : vos écarts en un tableau
Ouvrir les situations une par une serait long. C'est le rôle de la vue Résumé, la première entrée du menu de situation, juste au-dessus des matchups : elle synthétise tous vos écarts postflop en un seul tableau, alimenté en direct par vos filtres.
Vous commencez à en avoir l'habitude : la vue Résumé est présente dans les onglets Préflop et Postflop, ainsi que dans Global EV et Synthèse, que nous verrons dans les deux prochains chapitres.
Le tableau commence par une ligne Total, puis affiche une ligne par situation :
- Position et Action : la situation concernée (par exemple HU SB, 2-barrel).
- Mains : votre volume sur la situation.
- Le groupe Fréquence : votre fréquence d'action (Hero), comparée à celle des Regs et des Fish .
- Le groupe Sizing : votre sizing moyen, comparé de la même manière.

Premier point à ne pas manquer : le tableau n'affiche qu'un type de pot à la fois. Le sélecteur de la sidebar permet de basculer entre Raise, Limp et ISO.
Attention à ne pas l'oublier ! Si vous restez toujours sur les pots limpés, vous ne verrez jamais vos situations Raise ou ISO.

Lire les couleurs
La couleur se lit toujours par rapport aux Regs, la référence. Hero comme la colonne de comparaison (Fish par défaut) sont colorés selon leur écart aux Regs :
- Vert : écart raisonnable (à ±5 points en fréquence, ±15 points en sizing).
- Bleu : en dessous des Regs (moins agressif, sizing plus petit).
- Rouge : au-dessus des Regs (plus agressif, sizing plus gros).
Seule la colonne Reg reste neutre : c'est le benchmark, il n'est jamais coloré.
Prudence sur les petits échantillons. Quand une cohorte de référence a moins de 30 occurrences sur la situation, sa valeur est remplacée par un discret « < 30 » : les chiffres sont trop volatils pour être présentés. Et si le benchmark Reg est sous ce seuil, votre valeur Hero n'est pas colorée du tout.
Petit bonus : l'en-tête de la colonne Fish est un menu déroulant. Vous pouvez y substituer n'importe lequel de vos tags d'adversaire pour comparer vos stats à cette population. La colonne Reg, elle, est verrouillée.
Exemple concret

Sur cette ligne de 2-barrel, Hero est aligné sur les Regs : sa fréquence (51 % contre 50 %) comme son sizing (55 % contre 58 %) ressortent en vert. Rien à signaler de son côté.
Ce sont les Fish qui décrochent : ils 2-barrel bien plus souvent que le pool (65 %, en rouge) et plus petit (43 %, en bleu). Une lecture exploitable (leur range de 2-barrel est plus large, sans doute plus faible) plutôt qu'un leak de Hero.
La vue Résumé sert à repérer en un coup d'œil les situations qui méritent d'être étudiées : celles dont la valeur Hero est rouge ou bleue.
Une fois la situation identifiée, cliquez sur sa ligne pour revenir à l'arbre, puis ouvrez le matchup et le type de pot correspondants : vous pouvez alors creuser avec le panneau Force des mains et la liste des mains, comme vu dans les sections précédentes.
Garder l'esprit critique
Comme on l'a déjà dit, s'aligner sur les Regs est une bonne stratégie de base. Mais ce n'est pas une vérité absolue : sur certains spots, dévier du troupeau est exactement ce qu'il faut faire.
La vue Résumé dit où vous différez, pas toujours où vous avez tort.
5. Avant de conclure
Comme toutes les stats, il faut analyser vos données avec précaution. Et sur le postflop, un réflexe est plus central que tous les autres : toujours remonter jusqu'au préflop avant de conclure quoi que ce soit.
Une stat postflop est le résultat d'une chaîne de décisions qui commence au préflop : votre c-bet flop conditionne votre range au turn, qui conditionne votre 2-barrel, qui conditionne votre range river, et ainsi de suite.
Une divergence sur une street tardive peut révéler un leak sur cette street elle-même, mais aussi être la conséquence mécanique d'un leak en amont.
Exemple
Votre 2-barrel turn est à 40 % alors que les regs sont à 55 %. Conclusion hâtive :
J'abandonne trop souvent au turn.
En réalité, si vous c-bettez flop à 90 % alors que les regs c-bettent 70 %, votre range au turn est saturée de mains faibles qui n'ont aucune raison de continuer. Un 2-barrel à 40 % devient mécaniquement logique.
S'il y a vraiment un leak, il est au flop, pas au turn. Le bon colmatage se fait à la source, pas à la sortie.
À condition que ce soit bien un leak : peut-être que vous avez de bonnes raisons de c-bet 90 % (exploit du pool, simplification), auquel cas il n'y a rien à corriger.
Et bien sûr, vérifier le sample. Plus vous avez de mains sur une action donnée, plus le chiffre est fiable.
Une fréquence à 80 % calculée sur 18 mains n'est pas une fréquence, c'est du bruit.

Allez, hop hop hop ! Fin de la visite !
Par ailleurs... cher Mage... n'auriez-vous pas quelques informations au sujet de la Bible du Jeu, que l'on dit avoir été retrouvée dans le Nord ?
6. Ce qu'il faut retenir
Bon un chapitre assez technique, j'espère que je ne vous ai pas perdu. Et si c'est le cas, prenez votre temps avant de continuer car le prochain chapitre le sera probablement aussi.
Faites du volume, jouez avec l'outil et vous verrez qu'il est finalement relativement facile à prendre en main. Vous en tirerez vite des informations très intéressantes sur votre jeu et sur celui de vos adversaires.
À retenir
L'onglet Postflop se lit comme une confrontation : vous choisissez un matchup, un type de pot et la position analysée, puis vous ouvrez l'arbre au clic. Vos cartes empilent Hero, Regs et Fish pour comparer les fréquences d'action, les sizings, les gains (Jetons, bb/main) et la composition des ranges ; les cartes d'en face montrent vos adversaires face à vous.
La vue Résumé (première entrée du menu de situation) synthétise tous vos écarts en un tableau et vous dit par où commencer : les lignes rouges ou bleues.
Servez-vous-en pour repérer vos écarts avec les regs, puis cliquez dans l'arbre et le panneau Force des mains pour comprendre quelles mains se cachent derrière une stat.
Vous pouvez aussi explorer le jeu des fish pour construire des adaptations exploitantes, mais gardez notamment deux réflexes : vérifier que le sample est suffisant et remonter au préflop avant de conclure.
Avec l'onglet Postflop, vous avez maintenant l'outil pour comprendre comment vous et le pool jouez chaque situation.
Au chapitre suivant, on attaque l'onglet Global EV, vraiment le gros morceau du Leak Finder : un autre angle, qui montre où votre EV se construit et où elle se perd.

Quand le mage et son élève entendirent Maître Valrand demander des informations au sujet de la Bible du Jeu, ils restèrent stupéfaits.
Alors cette lettre reçue à l'Académie, qui affirmait que la Bible avait été retrouvée dans le Nord, n'était finalement pas un stupide piège ?
La Bible du Jeu aurait-elle vraiment refait surface ?