Fish ou Reg ? La classification automatique
Comment le tracker établit automatiquement la classification de vos adversaires et pourquoi vous pouvez lui faire confiance.

Gandalf
Co-fondateur de Poker Sciences

Nous l'avons déjà évoqué au début, mais ce point mérite d'être posé clairement : au poker, votre EV vient surtout des erreurs adverses, et donc des fish.
Face aux regs, l'écart de niveau est souvent faible et les gains qu'on peut leur prendre restent limités.
Face aux fish, en revanche, chaque main est une occasion de prendre des chips supplémentaires qu'un joueur sérieux ne vous donnerait jamais.
C'est une conséquence directe du deuxième pilier du joueur de Spin, la qualité des tables, que nous avons vue dans le chapitre Les trois piliers du joueur de Spin.
Votre winrate dépend donc en grande partie de ce ratio fish / reg. Mais au-delà du résultat, votre façon de jouer change selon le profil en face : on n'aborde pas une main de la même manière contre un joueur régulier que contre un fish.
Ce tri, le tracker s'en charge automatiquement, dès votre tout premier import. Ce chapitre vous explique exactement comment il établit la classification de vos adversaires et pourquoi vous pouvez lui faire confiance.

Comment le tracker établit la classification de vos adversaires
Le tracker applique automatiquement la règle suivante :
| Situation | Classification |
|---|---|
| Moins de 50 mains jouées contre le joueur | Fish par défaut |
| 50 mains et plus, avec plus de 5 % de limp au BTN | Fish |
| 50 mains et plus, avec 5 % ou moins de limp au BTN | Reg |
Pourquoi attendre 50 mains ?
Sous cette limite, le tracker ne dispose pas d'un échantillon suffisant pour évaluer correctement le profil d'un joueur. Il le considère donc comme fish par défaut jusqu'à ce que davantage de mains soient disponibles.
C'est un choix prudent et sans conséquence durable : si ce joueur est en réalité un reg, sa classification sera automatiquement corrigée lorsque son historique deviendra représentatif.
Pourquoi utiliser le limp au BTN ?
À partir de 50 mains, le tracker se fonde sur le pourcentage de limp au bouton en 3-max, c'est-à-dire la fréquence à laquelle le joueur limpe au lieu d'open raise.
Cette statistique est particulièrement discriminante en Spin. Un reg limpe très rarement au BTN : l'open raise est recommandé par toutes les ranges, et les joueurs ayant étudié un minimum la théorie le savent.
Les fish, en revanche, peuvent limper pour voir un flop à moindre coût, éviter de relancer sans une grosse main, tenter de piéger avec un As ou simplement reproduire ce qu'ils observent à leur table. Cette action apparaît donc beaucoup plus régulièrement chez les joueurs récréatifs.
En dehors des rooms anonymisées, il n'existe aucune zone grise : chaque adversaire rencontré relève de la catégorie fish ou reg.
Une seule exception : les rooms qui anonymisent tous leurs joueurs, comme GG Poker. Les pseudos y changent à chaque tournoi, ce qui empêche de suivre un adversaire d'une partie à l'autre. Sur ces rooms, tous vos adversaires appartiennent à une troisième catégorie : « Unknown ».

Un reg est un reg, un fish est un fish
La classification est globale par joueur. Elle ne dépend ni de la room, ni du buy-in, ni du créneau horaire.
C'est un choix cohérent avec la réalité : le skill d'un joueur ne change pas parce qu'il bascule d'un 1 € sur Winamax à un 25 € sur PokerStars. S'il joue proprement en 1 €, il joue proprement en 25 €, et inversement.
Un reg est un reg. Un fish est un fish. Ses stats s'agrègent sur l'ensemble de vos mains contre lui, tous contextes confondus.
Conséquence importante : si votre adversaire joue sous plusieurs pseudos (deux rooms différentes, changement de nickname), ses stats ne s'agrègent que si vous déclarez explicitement le lien entre ces pseudos. C'est le rôle des alias, que nous détaillerons dans le chapitre suivant.

Corriger la classification à la main
Si la classification d'un joueur vous semble erronée, vous pouvez forcer manuellement un joueur en Reg ou en Fish, partout où ses pastilles apparaissent.
Dans les faits, vous n'en aurez presque jamais besoin : vous pouvez faire confiance à l'algorithme. Voici pourquoi :
- L'algorithme a été longuement testé sur nos propres bases de mains, et les résultats sont solides.
- Côté regs, il y a très peu de faux positifs : après 50 mains, un joueur qui limpe au BTN moins de 5 % du temps est presque toujours un vrai reg. Les rares « reg fish » sont eux aussi bien rangés dans cette catégorie : leur fréquence de limp est comparable à celle d'un reg.
- Côté fish, quelques faux positifs sont possibles au début : un reg rencontré récemment est donc considéré comme fish avant 50 mains. C'est temporaire : sa classification est corrigée dès que son historique devient représentatif.
Et c'est le point le plus important : ces faux fish temporaires n'ont aucun impact durable sur vos analyses.
Dès qu'un joueur bascule en reg parce que son sample devient représentatif, toutes vos stats sont recalculées rétroactivement : ses mains passées sont rattachées à la bonne catégorie, et vos gains vs fish, votre qualité de table et votre CEV par profil sont corrigés automatiquement.
Avec le temps, vous constaterez que cette classification est plus précise que vous ne le pensez au premier abord. Beaucoup de joueurs s'attendent à devoir la corriger manuellement, et finissent par arrêter parce qu'ils s'aperçoivent qu'elle tombe juste presque tout le temps.

Où vous voyez cette classification en premier lieu
Dès votre tout premier import, le récapitulatif d'import vous montre immédiatement le résultat de cette classification, sous la forme de la carte Qualité des Tables.

Le donut vous donne la proportion de fish et de regs rencontrés sur l'ensemble de l'import. C'est votre première lecture directe du mix de field que vous venez d'affronter.
Juste en dessous, le panneau affiche aussi le détail par buy-in : un donut par limite jouée, qui vous montre la répartition fish / reg limite par limite.

Nous reviendrons en profondeur sur ce panneau et sur toutes les surfaces qui exposent la qualité du field dans le chapitre Qualité des tables. Pour l'instant, retenez simplement qu'il existe, et que vous le retrouvez dans le récapitulatif de chacun de vos imports.
