Le HUD

Savoir à qui vous avez affaire, sans quitter la table des yeux.

Gandalf

Gandalf

Co-fondateur de Poker Sciences

Le HUD

Le chapitre sur la page Joueurs l'annonçait : l'étude de vos adversaires allait s'enrichir d'un HUD en jeu.

Le voici.

Le HUD (Heads-Up Display) affiche, en temps réel et directement sur vos tables, un bloc de stats pour chaque adversaire assis en face de vous.

Vous choisissez les stats, leur disposition et leurs couleurs.

Poker Spin Tracker s'occupe du reste : détecter vos tables, reconnaître les joueurs, poser les blocs au bon endroit et mettre les chiffres à jour main après main.

Ce chapitre couvre l'essentiel : l'activer et connaître les rooms compatibles, construire votre HUD, et le lire sans tomber dans les pièges des petits échantillons.

La page de configuration du HUD dans Poker Spin Tracker.
Capture d'écran de la page de configuration du HUD

Les rooms compatibles

Pour le moment, le HUD fonctionne sur quatre rooms :

RoomSpins pris en charge
WinamaxExpresso
PokerStarsSpin & Go
UnibetPower Spin
iPoker (PMU Poker)Twister

Deux absences notables, pour deux raisons différentes :

  • GG Poker : les pseudos sont anonymisés à la source (vu au chapitre précédent) et les mains ne sont disponibles qu'après coup. Aucun HUD n'est possible sur cette room, quel que soit le tracker.
  • Betclic : la room n'autorise pas les HUD, et n'écrit pas les mains en direct sur votre disque.

La règle générale : le HUD n'existe que là où la room écrit vos mains en direct et en autorise l'usage. Une room qui ne fournit l'historique qu'après la partie ne peut pas alimenter un affichage en temps réel.

Où le trouver, comment l'activer

Le HUD se configure dans la page Joueurs , onglet HUD.

Tout part de l'interrupteur Activer le HUD, en haut de l'onglet : tant qu'il est éteint, rien ne s'affiche sur vos tables.

L'onglet HUD de la page Joueurs : en haut l'interrupteur d'activation et le sélecteur de HUD (nouveau, renommer, dupliquer, supprimer) ; à gauche l'éditeur du bloc, avec la bascule 3-max / Heads-up, la grille aux onglets PRE et POST et ses lignes BTN, SB, BB, puis les réglages d'affichage, de comparaison et de marquage ; à droite l'aperçu du HUD posé sur une table factice, avec un Fish, un Reg et le bloc du héros.
L'onglet HUD : l'éditeur à gauche, l'aperçu sur une table factice à droite.

Ce dont il a besoin

Le HUD s'appuie sur l'import en direct (Importer ses premières mains) : le tracker doit surveiller le dossier où votre room écrit vos mains, exactement comme pour vos imports automatiques.

Sur macOS, l'activation demande en plus l'autorisation Enregistrement de l'écran : c'est elle qui permet de repérer vos fenêtres de tables et de lire les pseudos affichés.

Si vous venez tout juste de l'accorder, un redémarrage de l'app peut être nécessaire. Le tracker retient votre intention et activera le HUD au prochain lancement.

Certaines machines ne peuvent pas afficher le HUD : les Mac Intel (le moteur de lecture d'écran n'y est pas disponible), Windows ARM et Linux. L'onglet vous l'indique clairement le cas échéant.

Un barde masqué joue au poker face à deux adversaires dans une taverne.
Il y a ce mystérieux barde. Il vient ici depuis quelques mois, et je n'avais jamais vu quelqu'un gagner autant. Comme s'il pouvait lire à travers ses adversaires.

Construire son HUD

Un HUD prêt à l'emploi

Vous n'avez rien à construire pour commencer : le tracker livre une grille par défaut, avec une section préflop organisée par position et une section postflop (c-bet, barrels, mises d'initiative).

Elle suffit largement pour vos premières sessions.

Un bloc, des sections, des cases

Un bloc HUD est découpé en sections, affichées comme des onglets à l'intérieur du bloc : une seule est visible à la fois, et vous basculez de l'une à l'autre d'un clic, même en jeu.

Chaque section est une grille libre dont vous choisissez les lignes et les colonnes.

Vous pouvez même poser plusieurs blocs par adversaire (les panneaux), chacun positionné où vous voulez.

Un bloc HUD en gros plan : les deux onglets de section PRE et POST en haut, le nom du joueur en dessous, puis une grille de trois lignes (BTN, SB, BB) et trois colonnes de cases, chacune avec son abréviation et sa valeur colorée, et une case vide marquée d'un « + ».
Un bloc : ses sections en onglets (PRE, POST), et la grille de cases de la section affichée.

Deux formats, deux HUD

Vous configurez séparément le HUD 3-max et le HUD heads-up : les stats pertinentes ne sont pas les mêmes à trois joueurs et à deux.

En jeu, le tracker bascule tout seul de l'un à l'autre dès qu'un joueur est éliminé.

Ajouter une stat

Cliquez sur le « + » d'une case vide : le catalogue s'ouvre, avec trois familles :

  • Stats générales : le catalogue de stats classiques (VPIP, open, limp, c-bet…), filtrables par format, position et type d'adversaire.
  • Précis : une stat sur mesure, construite à partir d'une ligne d'action exacte (par exemple « SB open 2x, puis fold sur 3-bet »).
  • Texte : une case libre, sans chiffre, pour étiqueter une ligne. C'est ainsi que la grille par défaut affiche BTN, SB et BB en tête de ligne.
Le catalogue de stats du HUD : les trois onglets Stats générales, Précis et Texte en haut ; à gauche la liste des stats groupées par situation de décision (Volume, Vue d'ensemble préflop, Hero est premier à parler, Hero fait face à un limp, à une open, à un open-shove, Hero a limpé puis subit un ISO) ; à droite la colonne de restriction ouverte sur son sous-onglet Position, avec les cartes Bouton, Small Blind et Big Blind, et le bouton de validation.
Le catalogue de stats. À gauche les stats groupées par situation, à droite la restriction attachée à la case.

S'y ajoute la case Nombre de mains, à part dans le catalogue : elle affiche le nombre de mains que vous avez jouées contre ce joueur.

Organiser la grille

Un clic droit sur la grille ouvre le menu de structure : insérer ou supprimer des lignes et des colonnes, ajouter ou retirer des sections et des panneaux.

Le glisser-déposer déplace une stat de case en case, ou vers une autre section en la déposant sur son onglet.

Un clic sur une case renomme son abréviation.

Le menu ouvert au clic droit sur une case du bloc : insérer une ligne au-dessus ou en dessous, supprimer la ligne, insérer une colonne à gauche ou à droite, supprimer la colonne, ajouter ou supprimer une section, ajouter ou supprimer un panneau.
Le menu de structure, au clic droit sur la grille.

Chaque case peut aussi recevoir une couleur de fond pour grouper visuellement vos stats.

La palette est volontairement neutre, sans vert ni rouge : dans le tracker, ces deux couleurs jugent une valeur, alors qu'ici le fond ne fait que ranger.

À droite de l'éditeur, l'aperçu pose votre bloc sur une table factice avec de vrais joueurs de votre base (un fish et un reg que vous avez beaucoup croisés) : vous composez votre HUD en voyant immédiatement ce qu'il donnera en jeu, avec de vraies valeurs.

Votre propre bloc

Par défaut, le HUD affiche aussi un bloc pour vous, avec les mêmes stats que celles de vos adversaires : la comparaison directe, à l'écran, entre votre jeu et le leur. L'interrupteur Masquer pour Hero, dans l'aperçu, permet de le retirer.

Plusieurs HUD nommés

Vous pouvez créer plusieurs HUD (nouveau, renommer, dupliquer, supprimer) et basculer de l'un à l'autre : le HUD sélectionné est à la fois celui que vous éditez et celui affiché en jeu.

Pratique pour tester une variante sans toucher à votre configuration principale.

La barre de gestion des HUD, en haut de l'onglet : le menu déroulant du HUD sélectionné, puis les boutons Nouveau, renommer, dupliquer et supprimer.
La barre de gestion des HUD : le HUD sélectionné est celui que vous éditez, et celui affiché en jeu.

Sur vos tables : ce qui se passe tout seul

Une fois le HUD activé, vous n'avez aucun geste à faire en début de session.

Dès qu'une fenêtre de table s'ouvre, le tracker la détecte et démarre l'import en direct, quelques secondes avant la première main.

Il lit aussi les pseudos affichés à l'écran : les blocs apparaissent dès le début de la première main, avec l'historique complet que vous avez sur chaque joueur, sans attendre qu'une main soit jouée.

Les blocs sont ancrés à la fenêtre de la table : déplacez la table, ils suivent. Chaque table reçoit ses blocs, même en grosse session de multi-tabling.

Ajuster la position et la taille

Glissez un bloc pour le repositionner, tirez la poignée en bas à droite pour le redimensionner.

Les réglages sont mémorisés par room : placez vos blocs une fois, ils valent pour toutes vos tables, de toutes vos sessions.

Des valeurs vivantes

Chaque stat affiche l'historique complet du joueur, session en cours comprise, et se met à jour à chaque nouvelle main. Quand un joueur saute, son bloc disparaît et le HUD passe sur votre configuration heads-up dès la première main du duel.

Les couleurs des valeurs comparent chaque stat à une référence, exactement comme dans le Leak Finder : préflop face aux ranges GTO de référence, postflop face à la moyenne des regs.

  • Vert : dans la cible (±5 points)
  • Rouge : trop agressif
  • Bleu : trop passif

Devant chaque pseudo, vous retrouvez le logo de sa catégorie ( fish, reg, selon Fish ou Reg ?) et les pastilles de vos tags personnalisés (Vos tags adversaires).

Les deux marquages se désactivent dans les réglages de l'onglet HUD.

Enfin, cliquez sur un pseudo : une fiche joueur compacte s'ouvre à côté du bloc, la même que dans la page Joueurs, sans jamais voler le focus de votre client de poker. Éloignez le curseur, elle se referme.

Deux personnages observent un barde jouer au poker dans une taverne.
Cela fait des semaines que je l'observe pour essayer de percer son secret.

Les pièges des petits échantillons

En Spin, vous croisez la plupart de vos adversaires sur une poignée de mains : quelques dizaines au mieux, souvent moins.

À cette échelle, beaucoup de chiffres affichés ne veulent presque rien dire.

Une stat est une fraction, et tout dépend de son dénominateur. Le VPIP avance à chaque main : quelques dizaines suffisent à dessiner un profil.

Un « fold vs 3-bet » n'avance que quand la situation se produit. Sur le même volume, il repose souvent sur deux ou trois occurrences.

Le tracker vous protège avec deux garde-fous :

  • Bloc grisé : sous 20 mains vues sur un joueur, toutes ses valeurs s'affichent en gris. Lisibles, mais à prendre avec des pincettes, et sans couleur de comparaison.
  • Stat grisée : le réglage Échantillon min. grise chaque stat individuellement tant que son nombre d'occurrences est trop faible (10 par défaut, ajustable). Un VPIP mesuré sur 200 mains reste blanc pendant qu'un « fold vs barrel » vu 2 fois passe gris.

Et une stat sans la moindre occurrence affiche simplement « — ».

Ajoutez la case Nombre de mains à votre grille : elle affiche le nombre de mains que vous avez jouées contre ce joueur, tout votre historique compris. C'est le chiffre qui vous dit à quel point croire les autres, et il n'est jamais grisé.

Les garde-fous ne font pas tout : trois biais guettent toute lecture de HUD.

Les extrêmes mécaniques

Sur deux occurrences, une stat ne peut afficher que 0 %, 50 % ou 100 %.

Vous voyez un 100 %, et vous vous dites :

Il a foldé deux fois sur mon 3-bet, j'ai trouvé ma victime.

Non : vous avez vu deux folds. Beaucoup de joueurs parfaitement corrects afficheraient le même 100 % après deux occurrences.

Les valeurs extrêmes sont la norme des petits échantillons, pas un signal.

La variance d'échantillon

Même une stat fréquente fluctue fortement au début. Un joueur au VPIP réel de 25 % peut très bien afficher 40 % après 20 mains, simplement parce qu'il a reçu une série de mains jouables.

L'ordre de grandeur à retenir : à 20 mains, un VPIP se lit à ±20 points près ; il faut quelques centaines de mains pour le lire à ±5 points.

Le biais de confirmation

Une image se forme vite : un bluff montré, deux limps, et l'étiquette est posée.

Ensuite, on lit les stats dans le sens de l'étiquette : le VPIP à 40 % « confirme » le maniaque, le fold à 100 % « confirme » la victime.

Les stats devraient tester vos impressions, pas les décorer. Plus une stat est rare, plus elle demande de mains : en jeu, fiez-vous d'abord aux stats fréquentes, et gardez les lectures fines pour les vrais échantillons.

Un personnage réfléchit dans une taverne.
J'ai beau avoir maintenant assez d'informations sur son jeu, je n'ai toujours pas compris ce qui rend ce mystérieux barde si redoutable.

En jeu, privilégiez les stats générales

Votre HUD n'analyse qu'un seul joueur à la fois : c'est sa force (l'information est personnalisée) et sa limite (l'échantillon est minuscule).

C'est toute la différence avec vos analyses hors des tables.

Dans le Leak Finder, quand vous étudiez les Fish ou les Regs, vous agrégez les mains de centaines de joueurs sous un même tag : même une stat très précise finit par reposer sur un échantillon solide.

Sur un seul adversaire, elle n'en aura presque jamais un.

Une stat précise construite dans l'onglet Précis reste pertinente en jeu si sa situation revient presque à chaque main, comme les sizings d'open de la grille par défaut.

Mais une ligne d'action rare restera grise, ou trompeuse, sur la quasi-totalité de vos adversaires.

En jeu : des stats générales et fréquentes (VPIP, open, limp, c-bet…), qui donnent une lecture exploitable en quelques dizaines de mains. Les stats précises prennent tout leur sens hors des tables, sur des populations entières.

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