Les filtres : zoomer sur ce qui compte
Période, buy-in, room, type de jeu : les filtres utiles pour se concentrer sur les infos importantes.

Gandalf
Co-fondateur de Poker Sciences

Jusqu'ici, nous avons lu les courbes sur tout votre sample. Les filtres servent à zoomer : ne garder que les parties qui vous intéressent (votre limite du moment, une room, une période) et lire les courbes sur ce sous-ensemble.


Les deux fenêtres n'ont pas les mêmes filtres. L'onglet Chips en a plus, parce que la courbe se lit par main. Les onglets Bankroll et Stats se lisent par tournoi : certains filtres n'y ont pas de sens.

1. Les filtres partagés par tous les onglets
Quatre filtres sont disponibles sur les trois onglets du Dashboard (Chips, Bankroll, Stats) :
| Filtre | Valeurs | À quoi ça sert |
|---|---|---|
| Période | • Aujourd'hui • Hier • Cette semaine • Ce mois • Cette année • Tout le temps • Plage personnalisée | Ne regarder qu'un intervalle précis : un résultat de la semaine, du mois, ou depuis une date donnée. |
| Buy-in | Un ou plusieurs buy-ins cochés | Le filtre le plus utile : isoler une limite à la fois pour ne comparer que ce qui est comparable. |
| Type de jeu | • Classic • Nitro • Flash • Spin Gold • PokerStars | Isoler un type de jeu. |
| Room | • Winamax • Betclic • PokerStars • GGPoker • Autres | Lire vos résultats sur une room précise quand vous jouez sur plusieurs. |
Pourquoi PokerStars apparaît aussi dans les types de jeu ? C'est normal : sur PokerStars, les Spins ont une structure particulière. Plus le multiplicateur est élevé, plus le stack de départ augmente. Le tracker les classe donc comme un type de jeu à part, et pas seulement comme une room.
Un rappel sur le filtre buy-in : mélanger 2 € et 25 € n'a pas vraiment de sens. Ce ne sont pas les mêmes adversaires, pas le même CEV attendu, pas la même variance, pas les mêmes gains horaires.
Sans aucun filtre, vous avez quand même des données globales utiles (par exemple : combien vous avez gagné en euros au total). Mais dès qu'on passe à une analyse plus fine (CEV, CEV par position, €/h, etc.), un sample qui mélange plusieurs limites fausse la lecture (voir Les 4 KPIs).
2. Les filtres spécifiques à l'onglet Chips
Trois filtres supplémentaires existent sur l'onglet Chips, parce que la courbe se lit par main :
- Position : HU SB/BB, 3-max BU/SB/BB
- Stack effectif : ne garder que les mains jouées sur une certaine tranche de bb
- Phase : préflop seul ou postflop seul
À prendre à titre indicatif. Ces filtres montrent comment vos chips évoluent dans un contexte précis, mais le CEV qu'ils donnent n'est pas vraiment interprétable, et encore moins comparable à celui d'un autre joueur.
Cela peut surprendre : beaucoup de joueurs s'en servent pour analyser leur jeu (« mon CEV préflop », « mon CEV en BB 3-max »). C'est pourtant presque toujours trompeur, et voici pourquoi.
Le CEV habituel se mesure sur un type de Spin entier (un buy-in, un format, une room). Les filtres Position, Stack et Phase, eux, le mesurent sur un bout de tournoi : le préflop seul, la BB 3-max seule, ou une tranche de stack. Ce ne sont plus les mêmes chiffres, et il n'existe pas de référence externe pour les juger.
Seul le total compte vraiment : vous pouvez avoir −100 de CEV postflop compensés par +500 en préflop, et tout va bien. Pour aller plus loin (voir CEV : les pièges à éviter), il faut un autre outil que les filtres : le Leak Finder, que vous verrez dans les modules suivants.
3. Filtrer juste ce qu'il faut
Filtrer revient à arbitrer entre précision et quantité de données : plus vous resserrez le sample, plus les chiffres sont fiables, mais s'il devient trop petit, on ne peut plus rien en conclure. Le bon dosage dépend surtout d'une chose : la donnée que vous regardez.
CEV (onglet Chips) : l'arbitrage le plus exigeant.
Le CEV n'a de sens que sur une seule limite : mélanger 2 € et 25 € fausse la lecture (voir Les 4 KPIs). Et il vous faut beaucoup de mains pour qu'il se stabilise.
Un filtre buy-in est donc presque toujours indispensable.
Bonne nouvelle : la plupart des joueurs jouent déjà sur une seule limite et sur la même room ; un simple filtre buy-in suffit alors.
Bankroll (profit en €) : aucun filtre n'est indispensable.
Vous regardez un montant qui s'additionne sans biais entre limites : 100 € gagnés en 2 € + 200 € gagnés en 25 € font bien 300 € de profit. Vous pouvez donc lire la courbe sans filtre.
Et libre à vous d'en ajouter un selon ce que vous voulez voir : période (« combien j'ai gagné ce mois-ci »), room (« combien sur Winamax »), ou buy-in si vous voulez isoler vos gains sur une limite précise.
Stats : entre les deux.
La plupart des chiffres de cet onglet dépendent du buy-in. Mélanger les limites brouille la lecture, comme pour le CEV. Vous pouvez quand même le faire si vous savez ce que vous lisez (par exemple pour comparer votre activité globale entre deux mois), mais filtrer par buy-in reste la règle par défaut.

Oui oui, filtrez par limite, c'est ça. Attendez, je lis, j'ai reçu une lettre importante.
Ils disent avoir retrouvé le Livre du Jeu, dans le Nord...
Ce qu'il faut retenir
Les filtres servent à zoomer sur un sous-ensemble de votre sample. Plus on rétrécit, plus on gagne en précision, mais plus on perd en quantité de data.
• Quatre filtres principaux sur les trois onglets du Dashboard : période, buy-in, type de jeu, room.
• Sur l'onglet Chips, trois filtres en plus : position, stack, phase. Ils sont utiles pour explorer, mais leur CEV reste à prendre à titre indicatif.
• Le plus fiable reste de faire du volume sur une limite, sur une même room.
