Simuler l'avenir de votre bankroll

Utiliser la simulation Monte Carlo du tracker pour projeter votre sample dans le futur et apprivoiser la variance à court terme.

Gandalf

Gandalf

Co-fondateur de Poker Sciences

Simuler l'avenir de votre bankroll

Le chapitre précédent, La courbe de Bankroll, a raconté votre passé : où se sont creusés les écarts, ce que votre chance et votre room y ont fait. La vraie question qui vient ensuite est bien plus directe :

À quoi peut ressembler mon futur ?

Les 100 prochaines parties, les 5 000 prochaines, etc.

Le tracker répond à cette question avec un outil dédié : la simulation de bankroll . Elle prend votre sample actuel, l'étend dans le futur, et trace les courbes que vous pourriez avoir, compte tenu de votre CEV, de votre rakeback et de la distribution de multiplicateurs de votre room.

Onglet Bankroll du Dashboard avec 1 898 parties réelles prolongées par une simulation jusqu'à 4 000 parties : la bleue passe en pointillés au-delà du volume réel, la rose continue jusqu'au bout de la projection.
Une simulation prolonge votre courbe réelle dans le futur : à gauche votre sample actuel, à droite un scénario possible.
Escaliers menant vers une découverte.
Viens il faut que je te montre quelque chose.

1. La molette : projeter en un clic

Pour projeter votre bankroll rapidement, vous n'avez pas besoin d'ouvrir un menu : tout peut se faire depuis le graphe.

Passez la molette de la souris au-dessus de la courbe : à chaque cran, le tracker ajoute des parties simulées à la suite de votre sample. Et magie... les courbes se prolongent vers la droite.

La molette utilise votre CEV actuel et votre setup de room comme hypothèses. Elle répond à la question :

Si je continue à jouer comme aujourd'hui, à quoi ressemble la suite ?

La molette sert surtout à faire une projection rapide. Si vous voulez contrôler les hypothèses plus finement (CEV différent, date cible, plusieurs tirages), utilisez plutôt l'outil dédié ci-dessous.

2. L'outil de simulation : configurer plus finement

À côté du graphe Bankroll, une icône télescope ouvre la fenêtre Simulation de Bankroll. Quelques paramètres à configurer, un bouton Simuler.

Fenêtre Simulation de Bankroll en deux étapes : Configurer la simulation (buy-in, stack de départ, CEV, nombre de simulations) puis Horizon de la simulation (nombre de parties ou date cible), avec un bouton Simuler en bas.
La fenêtre de simulation.

Les champs buy-in et stack de départ reprennent vos paramètres actuels. Ne les modifiez que pour simuler un changement de limite ou un autre format.

📊Le CEV projeté : votre hypothèse de niveau

Par défaut, le champ est pré-rempli avec votre CEV actuel. Vous pouvez le modifier pour tester un scénario : « et si je m'ajoute 10 de CEV ? », « et si je descends de limite et que je passe à 50 ? ».

Votre CEV actuel n'est pas forcément votre « vrai » CEV long terme. Sur un petit sample, il peut être très au-dessus ou très en dessous de votre niveau réel. Avant d'enchaîner des simulations ambitieuses, jetez un œil au chapitre La courbe de Chips pour comprendre la fiabilité de votre CEV.

🎲Le nombre de simulations : visualiser la variance

À 1 simulation, le tracker trace une seule trajectoire future, tirée au hasard parmi des millions possibles. À 10, 50 ou 100 simulations, il en trace autant d'un coup, toutes avec les mêmes paramètres. Les courbes se superposent et dessinent un faisceau : certaines finissent très haut, d'autres très bas, la plupart au milieu. C'est l'image directe de ce que la variance peut produire à niveau de jeu constant.

🏁L'horizon : où on s'arrête

Au choix :

  • Nombre de parties : vous choisissez directement un volume à ajouter (500, 5 000, 50 000 parties)
  • Date cible : vous choisissez une date future, et le tracker calcule le nombre de parties à partir de votre cadence de jeu récente. Utile pour se projeter à « fin du mois » ou « fin de l'année »

3. Trois usages concrets

Alors, à quel moment cet outil devient-il vraiment pertinent ? Les cas de figure sont nombreux. Nous vous en détaillons trois ci-dessous à titre d'exemple, mais la simulation se prête à bien d'autres questions : n'hésitez pas à expérimenter par vous-même pour comprendre ce qui vous intéresse.

🧘Préparer le mental avant une session

Avant une session, faites l'essai maintenant : lancez une simulation sur 100 ou 200 parties avec votre CEV actuel. Puis, en bas à droite du graphe, cliquez plusieurs fois sur l'icône circulaire Relancer  : chaque clic régénère un nouveau tirage aux paramètres identiques.

Vous allez voir défiler des runs radicalement différents : +50 buy-ins sur un scénario, −30 buy-ins sur le suivant, un run plat après ça. Même joueur, même niveau, trois soirées qui n'ont rien à voir.

C'est l'exercice le plus sain pour intégrer que la variance à court terme est massive, et que le résultat d'une session ne dit presque rien de votre niveau.

Simulation de 100 parties prolongeant le sample réel, avec en bas à droite du graphe l'icône circulaire Relancer qui génère un nouveau tirage à la même configuration.
À niveau de jeu identique, enchaîner les runs de 100 parties montre à quel point le résultat d'un soir ne dit rien.

Lancer une simulation puis cliquer Relancer plusieurs fois de suite est, de loin, la manière la plus directe de saisir ce dont la variance est réellement capable.

L'exercice est utile dans un tas de contextes différents : tester un changement de limite, visualiser un objectif, relativiser un gros downswing, calmer un tilt après une mauvaise soirée. Ne vous en privez pas : jouez avec !

Vue depuis un toit avant une session.
Avant mes sessions, j'aimais bien venir ici pour me préparer mentalement en admirant la vue.

Anticiper la convergence rose / violette

Le chapitre précédent posait la question : à quel volume ma rose rattrape-t-elle ma violette ? Autrement dit :

Combien de parties avant que les gros multis encore dus tombent, et que mon profit rattrape ce que la room promet à long terme ?

C'est un vrai chiffre à connaître : il vous dit à quel horizon votre manque à gagner actuel devient récupérable.

Pour répondre, la molette est l'outil idéal : posez le curseur sur le graphe, faites monter le volume simulé progressivement, et observez la rose converger (ou pas) sur la violette en direct.

Pas besoin d'ouvrir l'outil complet, pas besoin de plusieurs tirages, on cherche juste un volume-seuil approximatif.

Sur une room comme Betclic, une plus grande partie de l'argent attendu est répartie sur des multiplicateurs relativement accessibles. La rose peut donc rejoindre la violette en quelques dizaines de milliers de parties.

Sur une room comme Winamax, une part beaucoup plus importante de l'argent attendu est concentrée dans des multiplicateurs très rares : même à 100 000 parties simulées, l'écart reste souvent visible. C'est exactement le phénomène que nous avions évoqué dans le chapitre 3 du module 2, rendu tangible sur votre propre sample.

📅Planifier un objectif chiffré

Vous vous donnez un objectif pour la fin du mois, ou la fin de l'année. La simulation par date cible répond à la question :

Si je continue à jouer à ma cadence actuelle, à combien je peux raisonnablement finir ?

En lançant plusieurs tirages, vous obtenez un intervalle réaliste à la place d'un chiffre rond tiré au hasard.

4. Lire le faisceau des simulations

C'est la lecture la plus importante du chapitre. Quand vous lancez plusieurs simulations avec les mêmes paramètres, le tracker les superpose toutes sur le graphe. Chaque courbe en filigrane est un run possible de votre bankroll, tiré au hasard dans le même univers statistique. Pour rendre ce faisceau lisible, cinq courbes-repères sont tracées par-dessus : les percentiles Top 10 %, 25 %, 50 %, 75 % et 90 %.

Vue d'ensemble de 100 simulations de 20 000 parties au même CEV, avec les percentiles Top 10, 25, 50, 75 et 90 % tracés en surimpression, et les courbes de référence EV Profit (violette pointillée) et EV Profit Effectif (rose) superposées.
Les percentiles dessinent en clair ce que la variance peut produire au même niveau de jeu.

Chaque percentile se lit comme « la part des runs qui finissent au-dessus » :

  • Top 10 % : seulement 10 % des runs finissent plus haut. Scénario très chanceux
  • Top 25 % : un quart finissent plus haut. Scénario favorable
  • Top 50 % : la médiane. Autant au-dessus qu'en dessous. Le résultat « typique » à ce volume
  • Top 75 % : un quart finissent plus bas. Scénario défavorable
  • Top 90 % : seulement 10 % finissent plus bas. Scénario très malchanceux

Concrètement, sur l'image ci-dessus (100 simulations de 20 000 parties au même CEV) :

  • 10 % du temps, votre bankroll termine au-dessus de ~+750 €
  • 10 % du temps, elle termine en dessous de ~+180 €
  • 50 % du temps, elle tourne autour de ~+450 €

Même joueur, même niveau, même room, un éventail qui va du simple au quadruple. Juste la variance qui fait son travail.

Deux courbes de référence sont également tracées : la violette pointillée (EV Profit, pente théorique à volume infini) et la rose (EV Profit Effectif, pente espérée à votre volume). La médiane des simulations (Top 50 %) suit de près la rose : c'est logique, puisque la rose est précisément l'espérance de ce que la simulation reproduit.

Ici aussi, l'icône Relancer en bas à droite du graphe fonctionne : un clic, et le tracker régénère les 100 simulations avec exactement la même configuration. Les percentiles bougent légèrement à chaque relance, mais l'éventail global reste stable. Utile pour vérifier que l'écart entre extrêmes n'est pas un artefact d'un tirage particulier.

Ancien logiciel Swongsim de simulation de bankroll.
À une époque lointaine, j'utilisais un logiciel qui s'appelait Swongsim. Cet outil de simulation de bankroll en est directement inspiré.

Court terme vs long terme

Sur 500 ou 1 000 parties, l'éventail serait encore plus large en relatif, avec une médiane bien plus fragile. Sur 50 000 ou 100 000 parties, les percentiles se resserrent autour des pentes violette et rose. Mais le vrai long terme demande un volume que la plupart des joueurs n'atteignent jamais.

Le faisceau résume en une image tout le Module 4 à venir sur la variance : le poker est un jeu où le court terme ment, et où seul le long terme dit la vérité sur votre niveau. La simulation vous permet de voir ce mensonge en direct, avant qu'il ne vous affecte pour de vrai.

Ce qu'il faut retenir

La simulation prend votre sample réel et le prolonge dans le futur, en respectant votre CEV, votre rakeback et la distribution de multiplicateurs de votre room.

La molette sur le graphe est le raccourci pour une projection rapide avec vos paramètres actuels.

L'icône télescope {{icon|Telescope}} ouvre l'outil de simulation complet : horizon en parties ou en date cible, CEV modifiable, nombre de simulations.

• L'icône Relancer en bas à droite du graphe vous permet de régénérer un nouveau tirage à tout moment. N'hésitez pas à jouer avec.

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